L’hypertension Artérielle HTA, les causes et traitements



Affection fréquente de découverte fortuite(car silencieuse), l’hypertension mérite une attention particulière tant ses complications sont redoutables. Le souci d’une meilleure prise en charge de cette affection a permis aux experts de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) de donner une nouvelle classification de l’hypertension. L’hypertension artérielle (H.T.A) est l’élévation de la pression régnant à l’intérieur des artères supérieure à 135 mm de Hg(maxima) et 85 mm de Hg (minima)pour une personne adulte.

L’hypertension artérielle touche 15% de population adulte en France, soit environ 7 millions de personnes. Les phénomènes de société et certaines maladies (stress, surcharge pondérale , tabagisme, prise de pilule , excès de cholestérol, diabète) constituent des facteurs de risques certains de survenue d’une hypertension artérielle.

Le traitement bien conduit, réduit considérablement le risque d’accidents cardiovasculaires dans les années à venir et améliore le pronostic vital et fonctionnel des patients atteints d’hypertension artérielle.

L’hypertension artérielle est un véritable problème de santé publique qui vous touche de près ou de loin, raison pour laquelle nous avons pensé faire un article pour vous sensibiliser et vous demander de consulter votre médecin si vous avez des prédispositions familiales et /ou personnelles.

QUELS SONT LES SIGNES DE L’H.T.A ?

Si vous vous plaignez des maux suivants :céphalées (maux de tête), de siège occipital (nuque) ; des bourdonnements d’oreilles ; troubles visuels (sensation de mouches volantes devant les yeux) ; de vertiges et parfois d’épistaxis (saignement du nez), vous devez en parler à votre médecin.

L’ HTA est souvent découverte par hasard sur les signes sus-évoqués. Au cours de la consultation, le médecin prendra votre tension ou pression artérielle à l’aide d’un brassard après 5 minutes de repos (position assise ou allongée). Mais, « l’effet blouse blanche », est parfois responsable de l’hypertension artérielle, nos confrères connaissent bien ce phénomène. Les mesures de la pression artérielle peuvent se faire à l’aide d’un « holter tensionnel » qui permet un enregistrement grâce à un brassard porté pendant 24 heures. Cette technique évite « l’effet blouse blanche » et les résultats seront analysés par votre médecin ou votre cardiologue. Lorsque la pression artérielle est supérieure à 135/85 au bout de 2 prises à deux consultation successives, on parlera d’hypertension artérielle dans votre cas. Alors, votre médecin réalisera un bilan sanguin et des explorations complémentaires à la recherche d’éventuelles causes et complications de cette hypertension.

QUELLES SONT LES COMPLICATIONS ?

Elles sont nombreuses et graves, celles-ci altèrent votre pronostic vital et fonctionnel.

L’H.T.A peut atteindre votre cœur entraînant une altération de votre fonction cardiaque avec risque de troubles du rythme (irrégularité du rythme cardiaque) pouvant expliquer certaines morts subites ; un infarctus du myocarde secondaire à un dépôt de plaques de cholestérol dans les artères(d’où l’intérêt d’un bilan lipidique) et enfin une insuffisance cardiaque due à un épuisement du cœur(surtout ventricule gauche).

Les complications rénales sont secondaires à des lésions des petites artères du rein entraînant ainsi une diminution de la fonction de filtration du rein responsable d’une insuffisance rénale. Près de 10 % des patients hypertendus meurent d’insuffisance rénale. D’où l’intérêt d’un bilan rénal en guise de surveillance.

Les complications neurologiques sont aussi redoutables que les deux précédentes, car elles sont responsables d’accidents vasculaires cérébraux secondaires à une cause ischémique entraînant une paralysie partielle de votre corps parfois la cause peut-être hémorragique entraînant la mort du patient par inondation du cerveau par le sang.

Les complications oculaires lèsent les artérioles de la rétine et les troubles de la vision pouvant aboutir à la cécité. D’où l’intérêt d’un suivi annuel chez votre ophtalmologue.

QUELLES SONT LES CAUSES ?

Dans 90 % des cas aucune cause n’est retrouvée on parle alors, d’hypertension essentielle ou idiopathique. Dans 10 % des cas restants les causes existent et votre médecin prescrira les explorations qui s’imposent. Les causes médicamenteuses ou toxiques : la prise de réglisse, d’ oestrogènes (pilule), d’anti-inflammatoire, de corticoïdes, de cocaïne ou d’ectasy, sont responsables d’hypertension, ce qui impose à votre médecin un interrogatoire rigoureux avant toute prescription médicale.

Les causes secondaires :Les tumeurs surrénaliennes (les glandes surrénales qui sécrètent de l’aldostérone ou des catécholamines). Les atteintes rénales : sténose rénale (rétrécissement de l’artère rénale) plus fréquente, mais d’autres causes existent (syndrome néphrotique, glomérulonéphrite, etc.…). Les causes cardiaques regroupent les malformations cardiaques dont la plus fréquente est la coarctation de l’aorte (rétrécissement d’un segment de l’aorte).

Ces causes secondaires sont à rechercher par le biais d’exploration cardiaque (électrocardiogramme, échographie cardiaque), rénale (échographie rénale, bilan de la fonction rénale), surrénalienne (scanner et bilan hormonal surrénaliens). Devant l ‘ampleur de ces complications et pour éviter voire retarder leur apparition, il faut une thérapeutique adéquate, une surveillance rigoureuse et un suivi médical mensuel auprès de votre médecin traitant ou de votre cardiologue.

QUEL TRAITEMENT ?

Le but de ce traitement est de rétablir la tension artérielle dans les conditions optimales (cf. tableau) afin d’éviter les complications.

Le traitement est basé sur des règles d’hygiène et de diététiques : régime alimentaire équilibré riche en potassium et en calcium, peu salé (5 à 6 gr/j); amaigrissement si surcharge pondérale; réduction de la consommation d’alcool (25 cl de vin par jour pour un homme et 12,5 cl pour une femme) ; arrêt du tabac.

La pression artérielle dépend de la volémie et de la fréquence cardiaque et des résistances périphériques. La loi de Poiseuille définit la pression artérielle comme suit :

P.A=FC x VES X RP.

La FC est la fréquence cardiaque mesurée par le nombre de pulsation par minute du cœur . Le VES est le du ventricule. Le RP représente les .

La pression artérielle peut être améliorée par les médicaments composés de quatre classes et qui vont agir sur les 3 facteurs (FC, VES, RP) : Pour la compréhension voir schéma en annexe.

  1. Les diurétiques : Ils diminuent la volémie et contribuent ainsi à baisser la pression artérielle. Une surveillance des ions dans l’organisme est indispensable car certains diurétiques diminuent ou augmentent le potassium et le calcium ou diminuent le sodium. Leur inconvénient ils augmentent votre diurèse et vous urinez beaucoup dans la journée.
  2. Les bêta bloquants :Ils ralentissent la fréquence cardiaque et donc diminuent aussi la pression artérielle. Ils sont contre-indiqués chez les asthmatiques, les insuffisants cardiaques, les diabétiques, troubles de la conduction auriculo-ventriculaire, etc …).Ils peuvent induire une hypotension (baisse importante de la pression artérielle et une bradycardie (ralentissement important de la fréquence cardiaque) ceci pouvant expliquer certains malaises.
  3. Les inhibiteurs calciques : Le calcium a un effet vasoconstricteur et celui-ci augmente la pression artérielle du fait de l’augmentation de la résistance périphérique. Cette classe de médicaments inhibe (contrarie) l’action du calcium et donc diminue les résistances périphériques des vaisseaux et donc abaisse ainsi la pression artérielle. Ils sont responsables d’œdèmes des jambes, des bouffées de chaleur, de flush (rougeur de la face).
  4. Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion(I.E.C) : Comme leur nom l’indique, ils empêchent l’action de cet enzyme. L’enzyme de conversion active la transformation de l’angiotensine 1 en angiotensine 2( qui a une action vasoconstrictrice) et la bradykinine ( qui a une action vasodilatatrice elle élimine aussi le sodium) en métabolites inactifs. Donc, l’I.E.C empêche cette transformation et entraîne ainsi une vasodilatation(dilatation du vaisseau) et diminue ainsi la pression artérielle. Les I.E.C ont d’autres actions : stimulent la production des prostaglandines qui sont vasodilatatrices et ils ont un effet protecteur rénal chez les diabétiques. Attention, une surveillance du ionogramme sanguin(étude des ions dans le sang) est importante, car ils retiennent le potassium donc risque d’augmentation de celui-ci. Ils peuvent entraîner une toux du fait de l’accumulation des bradykinines
  5. Les Antagonistes de l’angiotensine 2 ou Sartans: Ils bloquent l’action de l’angiotensine 2 en agissant sur son récepteur AT1.Ils diminuent ainsi les effets de l’angiotensine 2. Ils ne sont pas responsables de toux, car ils n’ont aucune action sur les bradykinines. Ils sont mieux supportés que les I.E.C.
  6. Les Antihypertenseurs Centraux :Ils ont une action centrale et donc : diminuent la fréquence cardiaque, les résistances périphériques, de même que l’activité du système rénine- angiotensine-aldostérone. Toutes ces actions concourent à diminuer la pression artérielle. Les chutes brutales de la tension sont fréquentes, leur arrêt devra se faire progressivement du fait de l’effet rebond à l’arrêt brutal de ce produit.
  7. Les Antihypertenseurs vasodilatateurs : ils ont une action vasodilatatrice entraînant une baisse des résistances périphériques. Le risque est lié à leur action hypotensive en position debout (orthostatique)en début de traitement.
  8. Les Associations : depuis un certain temps , les associations existent, leur manipulation doit se faire avec prudence parce que les effets secondaires ne feront que s’accentuer. Cela est l’affaire des spécialistes.

entraînant une baisse des résistances périphériques. Le risque est lié à leur action hypotensive en position debout (orthostatique)en début de traitement. Les Associations : depuis un certain temps , les associations existent, leur manipulation doit se faire avec prudence parce que les effets secondaires ne feront que s’accentuer. Cela est l’affaire des spécialistes.

EN CONCLUSION

L’hypertension demeure un problème de santé publique et notre devoir est de prévenir l’apparition de cette affection redoutable en modifiant notre hygiène de vie alimentaire : lutte contre la surcharge pondérale, contre le tabagisme, l’alcoolisme, favoriser la pratique sportive à tout âge, lutte contre le cholestérol. Le traitement nécessite une surveillance rigoureuse du patient, un bilan sanguin et des explorations complémentaires afin de dépister les éventuelles complications.

Votre médecin saura vous les prescrire et assurer ce suivi médical.